la bande dessinée

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Encrage / mise au net

Si vous optez pour une mise au net traditionnelle, une fois le crayonné terminé, on le repasse à l'encre afin de le rendre parfaitement Ç lisible È Plusieurs outils peuvent servir pour réaliser ce travail. Les dessinateurs utilisent principalement trois techniques :
- La plume : Elle possède un corps en plastique (souvent orange) et une pointe en fer. On la trempe dans l'encre de chine avant de l'utiliser. Grâce à elle, on obtient un trait noir assez égal, assez simple. Les pages de Tintin, par exemple, sont encrées à la plume.
- Le pinceau : nécessite beaucoup d'entra”nement avant d'arriver à le ma”triser. On le trempe dans l'encre de chine. Il permet de donner de la souplesse au trait, de faire des pleins et déliés, comme dans Astérix.
- Le feutre : C'est la technique la plus moderne. Il y a tellement de feutres différents dans le commerce que le choix est presque sans fin. C'est à chacun de faire des essais pour acheter celui qui lui convient le mieux.
- Il existe aujourd'hui des méthodes moins traditionnelles. Certains auteurs exécutent leur encrage sur un calque qu'ils superposent sur leur crayonné. Cela permet, par exemple, de ne pas avoir à recommencer un crayonné si l'on rate son encrage.
- D'autres ont carrément abandonné la phase de l'encrage : ils font une photocopie de leur crayonné, et le trait de crayon se transforme en trait noir ! Mais cela suppose d'avoir un crayonné bien lisible...

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et mention spécial à Noémie qui à fini deuxième de ce concours!

 

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Rencontre avec Blutch pour « La volupté» aux éditions Futuropolis.

{mosimage ric=1}Le principe de l’entretien :  Blutch réagit à trois images (photos, dessins) que j’ai choisies en rapport avec ma lecture de ses différents albums. D’abord, il décrit l’image (en bleu), puis il la rattache à son travail…
Entretien réalisé à la Fnac de Strasbourg par Jenny Ulrich (radio RBS,  91.9 FM à Strasbourg).

 



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1/Voici une première image :

Ah, c’est une photo de Doisneau, je pense ? C’est un petit garçon dans une salle de classe, avec un tablier. Un petit garçon des années 40 ou 50, qui est en train de s’appliquer… Le premier truc auquel je pense, c’est aux « 400 coups » de Truffaut. Il y a l’encrier, tout propre, tout blanc ; il a les cheveux dans les yeux… Je pense aux « 400 coups » et puis en même temps, je pense à mon fils qui a à peu près l’âge du petit garçon sur la photo et qui a la même manière de se concentrer et de s’impliquer dans le dessin. Parce que ce qu’il y a d’incroyable quand on est môme -après on le perd un peu-, c’est comme on peut se plonger dans le dessin, comme on y croit, comme on peut se fabriquer une histoire et la faire vivre, comme ça en direct, sur une feuille de papier. Alors bon, pour les petits garçons, la plupart du temps c’est des batailles, mais il y a quand même une implication, un plaisir, pas du tout intellectuel, purement… Physique… Enfin ce n’est peut-être pas le bon mot, non plus… Après ça se perd un petit peu. À l’école, quand on commence à raisonner et à réfléchir, on perd un peu son impulsion première. Et là, tout à l’heure j’ai dédicacé à la Fnac, à Strasbourg, et pendant une heure, il y avait mon fils, exactement comme ce petit garçon, à côté de moi, qui dessinait en même temps que moi, une bataille, justement, en faisant les bruits avec sa bouche. Il la jouait : image, son… Et je trouve ça toujours très stimulant

Dans ton travail, c’est une chose avec laquelle tu essaies de te reconnecter ? Revenir à quelque chose de cet ordre-là ?

Oui, l’impulsion enfantine… Ce n’est pas l’impulsion –de toute façon on l’a perdue- mais… Allez, c’est un peu lourd, mais : l’innocence. C’est le mot que je cherchais. Quand on est innocent, on ose tout. Et surtout, de plus en plus, je suis anti-intellectuel. J’essaie d’être le plus animal possible.

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2/  Deuxième image :

Picasso. Une gravure ou un dessin, je ne sais pas. Ça représente un peintre assez âgé, avec une barbe, la palette, et il est en train de peindre sur une toile, une femme nue. C’est un dessin comme Picasso en a fait des dizaines et des dizaines lorsque Françoise Gilot l’a quitté assez brutalement au début des années 50…53, je crois ? Il s’est lancé assez furieusement dans une série de dessins très belle et émouvante qu’après on a appelée « Une saison en enfer », je crois. Parce qu’il était malheureux et cette série qui comprend une centaine de dessins, peut-être plus, tourne autour de cette figure du peintre et du modèle. Picasso a toujours eu cette espèce d’interrogation sur le regard. Le regard qu’on peut avoir sur l’autre ou sur celui qui est à une certaine distance de nous. Aujourd’hui, je trouve qu’un peintre comme Matisse a interrogé cette problématique avec plus d’acuité que Picasso. Maintenant, c’est comme les Beatles et les Stones je suis plus Matisse que Picasso. J’ai toujours été fasciné par le regard, le regard qu’on porte sur l’autre, la distance physique qu’il y a entre nous-même et l’autre et ça rejoint aussi la préoccupation du temps. L’espace, le temps. Le fait qu’il y ait quelqu’un de nu, quelqu’un d’habillé aussi, c’est toujours fort. À ma modeste échelle c’est aussi des questions que je me pose et que j’ai essayé d’illustrer à ma manière à plusieurs reprises. À savoir le peintre et le modèle, l’artiste et le modèle. Je te donne, je te prends, tu me donne, je te rends…


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3/Troisième et dernière image :

La dernière image est un… On dirait une espèce de petit ziguouiguoui, ça ne représente rien du tout ! C’est fait au stylo à bille et la première chose à laquelle je pense c’est à des dessins de téléphone. Lorsqu’on se met à dessiner sans réfléchir. Et justement, souvent, quand on dessine au téléphone, sans intentionnalité, sans but, sans ambition, il y a des choses qui arrivent, qui viennent. Il y a un mot de Maurice Blanchot qui dit… Je ne sais plus comment il est formulé, mais c’est sur les choses qui viennent sans avoir l’air d’avoir été convoquées. On trouve une pertinence, souvent, dans les dessins de téléphone… Quand je dessine sans réfléchir, que je fais des ziguouiguoui, des gribouillis, souvent ce sont des dessins que je garde : ils me servent dans ma banque personnelle… Il ne faut pas trop réfléchir, je crois. Quand on réfléchit trop, on s’alourdit. Il faut rester un peu naïf, inconscient, enfantin... Mais les formes qui sont présentées, vraiment, ne représentent rien, donc je ne vois rien ! je serais un mauvais sujet, un mauvais patient pour un psychanalyste : ce test de rorschach ne m’évoque rien !

Je voulais aborder le trait, le plaisir de dessiner, l’implication dans le dessin, le fait que ce soit pratiquement toujours du noir et blanc et soit du trait que j’ai entendu qualifier de « gras », ou à l’opposé, vraiment très griffé.

En fait à chaque fois le dessin est un peu au service de ce que je veux raconter. Donc il est là pour souligner le discours que j’ai envie d’adresser, envie de chanter… C’est juste une manière de colorer mon récit : il est au service de l’ambiance que je veux donner pour mettre en valeur le plus efficacement possible… Je n’aime pas le mot efficacement, mais… L’ambiance, le climat !

C’est drôle de dire coloré pour des dessins en noir et blanc

Oui, mais je l’utilise plutôt, le mot coloré, dans un sens… Comme les compositeurs de musique. Ce qui est très important, c’est l’ambiance, le climat. Le dessin, que ce soit les griffures ou la tâche, est là pour mettre en scène une ambiance. J’aime le mystère, ce qui n’est pas dit. J’aime les béances, l’ombre, la limite, le bord.

Un mot de la fin ?


Non, je n’ai pas pensé à dire quelque chose d’assez important qui pourrait changer le cours de l’histoire ! En parlant comme ça, en faisant des phrases sur mon travail, je me rends compte que ça me permet de m’aiguiller un peu sur ce que je suis en train de faire. Parce que comme toujours, -la plupart des gens qu’on peut interroger, ils sont dans un travail qui les préoccupe au moment où on les interroge- et moi, là, tu m’interroges sur des choses passées –et quand on dit passées, je dirais presque périmées- j’ai des préoccupations aujourd’hui, j’essaie de régler des problèmes, comme un scientifique ! Je suis un savant, j’ai des équations et souvent je suis un peu perdu là, au milieu de tout ce fatras… Le fait de parler, ça me remet un peu les idées en place, ça me nettoie. Comme disent mes copains qui font du footing au petit matin : c’est un décrassage. Voilà merci.

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Immense Merci à Blutch pour sa disponibilité et son implication !

Actualité à venir :
Le Petit Christian 2 (Ed. L’Association), au 2semestre 2007.
+6 pages dans un album collectif consacré aux 20 ans de France info (Ed. Futuropolis)
+18pages (écrites par  Franky Baloney du magazine Féraille ) à l’occasion de l’ouverture de la ligne B du métro de Toulouse (Ed Casterman
+Un film animation en noir et blanc, « La peur du noir », sur les écrans début 2008.