Formation BD sur deux ans
Ouverture de la deuxième session à Paris et de la cinquième à Strasbourg
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Bravo
Félicitations à Noémie Weber et Xavier Sani. pour avoir fait partie des vingt nominés du Jeunes Talents du festival d’Angoulême.
et mention spécial à Noémie qui à fini deuxième de ce concours!
Formation BD à distance
Formation à distance par modules thématiques, adaptés à votre rythme, module pour scénariste
| Vincent Wagner |
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Vincent Wagner est un auteur à part entière, capable aussi bien de faire de la Bandes dessinée que de l'illustration dans des style très différent mais toujours pertinent pour chaque sujets. Tu viens de publier un album "mysteries" avec Roger Seiter, chez Casterman, dans un style réaliste très exigeant techniquement. Le travail sur la documentation est un élément essentiel, est-il possible de prendre des libertés par rapport à la réalité ? Tout dépend de ce que tu veux raconter. Plus tu veux reconstituer une époque révolue, moins tu as de possibilités de t'éloigner de la réalité. A vrai dire, à mon avis, il n'est même pas souhaitable, dans ce cas, de t'en éloigner. Au contraire, tout est prétexte à documentation. La réalité devient alors tellement visible qu'elle peut même faire rêver, puisque cette réalité là n'existe plus aujourd'hui. Pour autant, des libertés, tu en gardes toujours. Quand tu connais ton époque sur le bout des doigts, tu peux te permettre alors d'inventer des choses qui y collent, tant à l'esprit qu'au ton. Tu peux même, dans certains cas très choisis, ne pas la respecter. Le tout est de rester absolument crédible. Tu as également fait des ouvrages pour enfants très différents graphiquement, avec notamment "Gare au hibou !" et "La sorcière a le blues"... C'est vrai. Outre la BD, je dessine et écris des histoires pour la jeunesse. La BD est un gros travail qui s'étale sur huit ou neuf mois. Travailler dans le même temps à d'autres projets moins gourmands en temps me stimule beaucoup. D'autant que, comme tu le dis, ils sont différents graphiquement. Quand je suis fatigué de la BD, je peux alors passer du temps sur la jeunesse. Je reviens plus tard sur la BD avec un oeil nouveau et la tête claire.{mospagebreak title=theme} Comment as-tu choisi les thèmes de tes histoires ? Une question bien difficile ! Je fonctionne à l'envie. C'est souvent en observant ce qui se passe autour de moi que les idées viennent. Pour les deux ouvrages que tu cites, l'âge des futurs lecteurs a aussi été déterminant. Entre 3 et 7 ans, les histoires de pirates et de sorcières, les relations entre frères et soeurs, les relations d'amitié, les rapports de force, ça parle ! Il suffit de regarder un peu comment sont les enfants à cet âge, comment ils évoluent ensemble pour construire des histoires qui vont les intéresser. Tu as toi-même des enfants, je suppose que ce sont tes premiers lecteurs ? Ce sont mes premiers fans... Ils sont super. Ils me font tout de suite comprendre si ce que je raconte est intéressant ou pas. Ils sont très exigeants et sans concession, comme tous les enfants. Quand ils aiment, ils le disent. Et quand ils n'aiment pas, ils savent aussi pourquoi. Je suis très attentif à leurs réactions, dans toutes les étapes de la conception d'un livre. Quand je vois leurs yeux s'allumer et le sourire fendre leurs visages, je sais que je ne me suis pas trompé.Quelles sont leur livres préférés, à part les tiens ? Ils sont ouverts à tout ce qui vient. Avec un père illustrateur, ils ont un choix conséquent à la maison. Je ne sais pas s'ils ont des préférences. De temps en temps, c'est vrai, il y en a un qui reste un peu plus longtemps près de leur lit le soir... Les histoires de pirates et de sorcières sont des thèmes très largement abordés, il doit être assez difficile d'apporter quelque chose de neuf ou de différent ? Est-ce qu'il n'y a pas le risque de faire ce qui a déjà été fait ? Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, ces thèmes-là, bien que récurrents dans l'imaginaire des enfants, ne sont pas tant abordés que cela ! C'est plus vrai pour les pirates que pour la sorcière. Lorsque j'ai imaginé et dessiné "Gare au hibou", il n'y avait pas un seul livre nouveau sur ce thème ! On rééditait à tout va l'Ile au Trésor de Stevenson et quelques classiques du genre mais, curieusement, personne ne pensait à proposer quelque chose de nouveau ! Mon bouquin, à sa sortie, a fait l'effet d'une bombe. C'était plutôt bien pour Callicéphale, alors mon tout jeune éditeur... 8 mois plus tard, (tiens, tiens ?) on a vu déferler une quinzaine de nouveautés sur le sujet dans toutes les grosses maisons d'édition... C'est dire le vide littéraire qu'il y avait sur ce thème cette année là ! Depuis, plus rien, ou presque. Cela fait 5 ans...![]() Ceci dit, tu as raison. C'est parfois difficile de faire du neuf sur ces thèmes. A vrai dire, c'est difficile pour tous les thèmes, car tout a déjà été plus ou moins abordé. C'est notre boulot d'apporter autre chose. Le traitement graphique peut parfois suffire, mais je pense qu'il faut apporter un soin très exigeant au développement-même du thème et à l'histoire qu'on raconte. C'est ça qui fait la différence. C'est ça qui fait que les enfants vont aimer ou pas. D'ailleurs, si tu regardes bien, dans "La Sorcière a le blues", le thème n'est pas en soi la sorcellerie, même si le personnage principal est une sorcière, mais l'amitié et l'acceptation de l'autre dans sa différence... Quand on écrit pour des enfants qui ne savent pas lire, il faut que la personne qui lira l'histoire aux enfants accroche aussi pour rendre l'ambiance... Quand tu fais un album jeunesse, tu penses aussi aux adultes qui devront raconter l'histoire ? Jamais. Je m'adresse aux enfants. Je ne pense pas à leurs parents. C'est peut-être une erreur. Mais j'imagine que si le bouquin est bien pensé pour l'enfant et qu'il lui parle, cela se voit. Cela plaît donc aussi aux parents. {mospagebreak title=style} Il y a un traitement graphique très différent dans les deux cas ? Beaucoup de dessinateurs, une fois qu'ils ont trouvé un graphisme qui leur convient et qui marche auprès du public, s'en contentent. Je ne suis pas comme ça. J'aime me mettre en danger graphiquement. (Merci Lapointe ! Cela fait partie de ce qu'il m'a enseigné à l'atelier.) J'en suis très heureux, car cela me permet d'explorer des histoires, des textes et des styles d'écriture très différents. Quand on dessine toujours de la même manière, on est vite classé dans une boîte par les éditeurs : celui-là dessine pour les tout petits. Cet autre ne dessine que des histoires humoristiques, celui-ci est plutôt classique, etc. Du coup, il suffit que ton dessin passe de mode ou que le type d'histoire que tu illustres ne plaise plus, et tu te retrouves au chômage technique ! ![]() Je travaille actuellement pour une dizaine d'éditeurs avec des auteurs aux styles très différents. C'est génial ! J'ai des livres qui s'adressent aux tout petits tandis que d'autres sont pour les ados ou pour les 8- 12 ans. J'ai illustré des histoires humoristiques, d'autres plus sérieuses, des contes, des poésies... Et puis il y a la BD, pour adultes cette fois... Oui, mais quand on fait plusieur projet dans des style différents, il faut qu'ils soient chaque fois parfaitement maîtrisés, sinon on aura plutôt l'impression que l'auteur se cherche encore... C'est un faux problème. Même s'il y a du vrai. Ce que tu dis, des éditeurs que je ne citerai pas me l'ont dit il y a quelques années. Ils n'aimaient pas ma variété graphique. Non pas parce qu'elle n'était pas maîtrisée (elle l'était), mais bien parce qu'ils avaient du mal à me ranger dans un tiroir ! Alors ils disaient ce que tu dis : "vous vous cherchez". Maintenant, ils me regardent autrement parce que j'ai publié quelques beaux bouquins... La seule vraie difficulté, c'est que, quand tu développes une palette graphique variée, cela te prend du temps. Comme tu progresses sur tous tes registres en même temps, ta progression est plus lente jusqu'à la maîtrise minimum pour commencer à publier. Maintenant, je peux sauter d'un registre à l'autre, cela ne me cause plus de problème. Je peux faire du dessin caricatural le matin et du dessin réaliste l'après-midi. Je peux même me payer le plaisir de m'essayer à des techniques que je n'ai jamais abordées sans que cela se ressente qualitativement. Je suis dans le plaisir total. {mospagebreak title=Bd et illustration} Quelle est pour toi la plus grande différence entre faire un album jeunesse et faire une bande dessinée ? C'est une question de narration. L'album jeunesse, en général, illustre un texte narratif. On a de "belles images" plutôt grandes, en pleine page, rarement plusieurs images ensemble. Ces images évoquent des temps précis, illustrent des phrases précises dans le texte. Elles sont presque toujours associées visuellement avec le texte qui peut être en dehors de l'image ou inséré dans l'image. La BD est une suite d'images séquencées. Le texte n'est plus narratif. Ce sont principalement des dialogues insérés dans des bulles. Les images racontent ensemble l'histoire. Elles forment un visuel harmonieux sur la page et sur la double page. Enfin, la BD fonctionne à l'éllipse. C'est une de ses particularités. C'est le lecteur qui établit, en lisant, le lien entre les images et c'est lui qui construit mentalement ce qui n'est pas montré. C'est très technique, tout cela ! J'espère ne pas me transformer en professeur d'école ! Non, non , c'est très clair, et puis c'est AtelierBD, on peut donc être didactique :) Quelles sont les différences dans la présentation d'un projet à un éditeur de BD et à un éditeur Jeunesse ? Dans tous les cas, l'éditeur doit pouvoir visualiser ce que sera l'album terminé, s'il le publie.Dans la BD, le dossier de présentation est constitué d'un résumé précis de l'histoire d'environ trois pages, de planches couleur de présentation des personnages principaux, du découpage des deux-trois premières planches et leur équivalent visuel noir et blanc et couleur définitif. Dans la Jeunesse, le dossier est constitué du texte, tel qu'on l'imagine publié (s'il y a texte), d'une ou deux illustrations définitives couleur et du chemin de fer complet de l'album storyboardé avec précision. J'apporte beaucoup de soin à la réalisation du chemin de fer. Toutes les illustrations y sont posées avec précision. Le chemin de fer tient sur une feuille A3, ce qui signifie que les dessins sont crobardés en tout petit. C'est très bien, parceque c'est avec lui que l'adhésion de l'éditeur se fait. C'est un document de travail sur lequel on peut discuter. Et comme les dessins y sont tout petits, on peut tout de suite voir si la narration fonctionne. Il faut dire aussi que tes storyboards sont très soignés, très lisibles, très propres... As tu fait toute ta formation aux Arts Déco de Strasbourg ? Oui. Qu'est ce que cette formation t'a apporté ? Lors des deux premières années dites de "tronc commun", j'ai pu toucher à beaucoup de domaines dans le champ des arts décoratifs. Je retiens de belles expériences en gravure, céramique, travail du bois et aprentissage de la reliure d'art. Mais ce sont surtout les trois années de spécialisation dans l'atelier d'illustration, alors dirigé par Lapointe, qui m'ont énormément apporté. J'ai pu vraiment toucher de près et approfondir toutes les formes de narration visuelle. Lapointe était un pédagogue remarquable. Et il était secondé par de vrais professionnels. Ce qui pourrait éventuellement manquer ? En chipotant, on peut toujours trouver des choses qui manquaient. Comme par exemple, apprendre réellement à "se vendre" à un éditeur, à présenter ses dossiers... Ou encore, bien connaître l'aspect administratif de notre profession ; monter son entreprise... Ce sont des choses qui ne sont pas forcément évidentes... Mais très honnêtement, la formation était béton. Ensuite, il faut faire soi-même ses expériences.Un souvenir particulier ? J'avais beaucoup de plaisir à bosser en compagnie de Claude Guth. Je l'aidais à maîtriser graphiquement ses personnages, et lui, qui était très fort dans ce domaine, me conseillait sur les décors et la façon de les créer... Nous étions très complémentaires dans l'atelier. Et puis il y avait aussi Christian Voltz dont le travail graphique était diamétralement à l'opposé de ce que je faisais, Xavier Frehring, Emilie Chollat, Delphine Durand... Il y avait beaucoup de personnalités fortes dans le groupe. Voir comment les uns et les autres fonctionnaient et résolvaient la narration était quelque chose de très enrichissant. Un conseil à donner à ceux qui voudraient se lancer dans ce métier ? Dur, dur !... Je crois qu'il faut être vrai avec soi-même, avoir beaucoup de courage, de persévérance et ne jamais oublier qu'il y en a des tas d'autres plein de talent ! Merci Vincent Réalisé par Thierry MARY pour AtelierBD.com
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C'est vrai. Outre la BD, je dessine et écris des histoires pour la jeunesse. La BD est un gros travail qui s'étale sur huit ou neuf mois. Travailler dans le même temps à d'autres projets moins gourmands en temps me stimule beaucoup. D'autant que, comme tu le dis, ils sont différents graphiquement. Quand je suis fatigué de la BD, je peux alors passer du temps sur la jeunesse. Je reviens plus tard sur la BD avec un oeil nouveau et la tête claire.